La collectivité paiera pour Sublistatic

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Les patrons absents, ce sont les salariés et les pouvoirs publics qui règlent la note. Samedi, les représentants de trois syndicats de Sublistatic ont signé, à la préfecture d'Arras, un protocole d'accord sur le reclassement. Basée à Hénin-Beaumont, cette usine d'impression de textile a fermé ses portes le 15 janvier, laissant 223 salariés sur le carreau. Le protocole prévoit l'octroi d'une prime de licenciement et le versement de 80 % du salaire pendant douze mois pour chacun des ex-salariés. Ceux qui accepteront la convention de reclassement toucheront en plus une prime de 3 000 euros. Enfin, 7 000 euros supplémentaires seront versés à chaque personne qui retrouvera un emploi ou suivra une formation de six mois minimum.

« On n'est pas du tout satisfait, ils ne nous donnent rien. On demandait 100 000 euros par personne », témoigne Karine Capron, une ex-salariée. Mais les pouvoirs publics ont dû se substituer au fonds d'investissement, qui a abandonné l'entreprise. « Ce plan, c'est mieux que rien, explique Gérard Dalongeville, maire (DVG) de Hénin-Beaumont. Et d'anciens salariés seront inclus dans les effectifs en cas de reprise de l'entreprise. » Un repreneur potentiel d'origine canadienne sera sur le site demain. Son projet prévoit l'embauche de 123 ex-salariés.

Fanny Bertrand

Après avoir constaté les « dégâts [...] de ces dirigeants [qui] laissent les pouvoirs publics gérer le plan social », le ministre du Travail a saisi le procureur de la République au sujet de Sublistatic.