Le Vieux-Lille face aux temps modernes

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Pas touche au Vieux-Lille. L'Association de défense de l'îlot Jemmapes – Princesse pourrait déposer, la semaine prochaine, un recours au tribunal administratif pour contester le projet de construction de trois nouveaux immeubles et d'un parking souterrain, prévu rue de Jemmapes. « Aucune réponse n'a été apportée à nos objections sur les nuisances sonores ou les risques de dégradation de nos immeubles », regrette Jean-Michel Leducq, président de l'association. Contacté, Loger Habitat, le promoteur, n'a pas pris la peine de nous répondre. « Il faut mettre un terme à la densification à outrance du quartier, aux rues étroites, aux parkings saturés », poursuit Jean-Michel Leducq. Une tendance qui chiffonne aussi Didier-Joseph François, président de l'association Renaissance du Lille ancien. « Le quartier accueille des immeubles n'ayant rien à voir avec son histoire. » Au xixe siècle, des bâtiments industriels ont poussé au sein d'îlots d'habitations traditionnelles. Si ces dernières sont classées « secteur sauvegardé » depuis 1975, les anciennes usines qui attisent l'intérêt des promoteurs ne le sont pas. « Pourquoi ne pas retrouver l'aspect historique du quartier ? », s'interroge M. François. Cela ne semble pas à l'ordre du jour. « Des mesures ont déjà été prises pour contenir la densification dans l'hypercentre dont le Vieux-Lille fait partie, rétorque Alain Cacheux, adjoint (PS) chargé de l'urbanisme. Notre priorité actuelle est surtout d'éviter que la ville ne s'étale plus aux alentours. »

Caroline Béhague

Dans l'hypercentre et le Vieux-Lille, seul 1,2 mètre carré de surface peut être construit sur un mètre carré au sol, avec plusieurs étages. Ce chiffre peut atteindre 2,5 mètres carrés dans le reste de la ville.