Clivage politique autour de la vidéosurveillance

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La présence policière dans les rues de Lille souligne l'importance de la sécurité lors d'une élection.
La présence policière dans les rues de Lille souligne l'importance de la sécurité lors d'une élection. — M.Libert/20 Minutes

 

Il promet 500 000 caméras de vidéo surveillance à Lille. « Deux par habitants, dont une à domicile, et les images seront retransmises par Justice TV », précise Alessandro Di Giuseppe, tête de liste de l'Eglise de la Très Sainte Consommation. Cette proposition ironique illustre la surenchère à laquelle se livrent certains candidats sur le sujet. Le FN et l'UMP-UDI souhaitent couvrir la ville de caméras. Jacques Mutez (ex-PRG) propose de cibler « les petits commerces», cibles récurrentes des braquages.

Actuellement, la ville de Lille ne dispose d'aucun système de vidéosurveillance centralisé. Les 4 500 caméras qui existent sont en majorité installées sur le réseau Transpole et dans les gares. « Nous ne sommes pas contre la vidéosurveillance, mais sur la voie publique elle est inefficace», plaide-t-on du côté de Martine Aubry. « Elle peut servir lors d'enquête mais c'est une illusion de penser qu'elle peut empêcher la délinquance sur la voie publique, elle ne fait que la déplacer », note le sociologue Dominique Duprez, qui étudie son utilisation à Belo Horizonte, au Brésil, pour lutter contre le trafic de drogue. « Ce sont désormais des filles qui rabattent le client dans les cafés. » G. D.