Le recteur défend la copie de l'académie

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Il ne veut pas du bonnet d'âne que les syndicats lui tendent. Bernard Dubreuil, le recteur de l'académie de Lille, a défendu, hier, le projet de carte scolaire prévu pour la rentrée prochaine. Dans le secondaire, 452 postes d'enseignants seront supprimés. Idem pour certaines heures supplémentaires correspondant à 215 emplois équivalents à temps plein. « Il y aura 7 300 élèves de moins dans les collèges et lycées en septembre, cette mesure n'est donc pas anormale », a plaidé le recteur. Mais la leçon du jour n'a pas convaincu les syndicats. « C'est dramatique, juge Michel Devred, secrétaire académique du Snes. On ne prend pas en compte les difficultés de l'académie. Dans tous les établissements, il y aura encore moins de moyens. » Faux rétorque le recteur qui a sorti sa calculette : « Le taux d'encadrement des élèves dans les collèges est l'un des meilleurs de France. »

Pourtant, Lille apparaît en bas du classement des académies pour tous les examens du lycée, comme l'attestait un rapport de l'Education nationale publié en juillet dernier. « C'est vrai, le système académique ne marche pas bien ici, reconnaît finalement le recteur. Il nous faut revoir les exigences pédagogiques. » Traduction : resserrer les liens entre les enseignants et leurs responsables. Avec cinq recteurs différents lors des quatre dernières années, la tâche n'était pas facile. D'autant que « le projet d'un recteur n'a jamais été vraiment repris par le suivant », pointe le rapport de l'Education nationale. Bernard Dubreuil souhaite arrêter la valse : « J'ai de la tendresse pour cette région. Je veux bien rester. »

Vincent Vantighem

Les syndicats de l'académie de Lille ont prévu de prendre part à la manifestation nationale qui aura lieu à Paris le 20 janvier. Pour cela, ils ont déjà affrêté un TGV et des bus. Une manif régionale est aussi en discussion.