«Avant la spirale du surendettement, on peut faire des projets»

Recueilli par Fanny Bertrand

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Simone-Astrid Scharly est déléguée générale du Crésus Nord Pas de Calais, qui acompagne les bénéficiaires des micro-crédits lancés par la ville de Roubaix.

Le micro-crédit social, mis en place par la ville de Roubaix, ne risque t-il pas de renforcer la spirale du surendettement?

Le micro-crédit social ne s’adresse pas aux personnes surendettées mais à des gens qui travaillent ou bénéficient de revenus sociaux. Des gens à qui les banques ne prêtent pas d’argent pour cause de petit salaire.

Quelle est la particularité du micro-crédit social?
 
C’est un engagement d’une collectivité qui entre dans une politique sociale. C’est différent d’un organisme privé qui prête de l’argent pour des achats de consommation courante. On veut justement faire comprendre aux potentiels bénéficiaires qu’avant la spirale du surendettement, ils peuvent faire des projets.

Les bénéficiaires ne risquent-ils tout de même pas à rencontrer des difficultés pour rembourser?

On estime à 8% le taux du risque. Le Crésus va les accompagner et on ne devrait pas atteindre ce taux. On va étudier chaque cas avec attention en fonction des revenus, du niveau de vie et du projet. On s’attend à rencontrer près de 600 personnes pour 200 micro-crédits. Mais on ne va pas laisser tomber les 400 personnes qui vont rester sur le carreau.