Taux élevés de dioxine avérés à Halluin

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L'étau se resserre. Les riverains de l'ancien incinérateur d'Halluin auraient bien subi une contamination à la dioxine. C'est, en tout cas, ce que laissent penser les premiers résultats de l'enquête de l'Union régionale des médecins libéraux du Nord (Urmel). Jugés « élevés » chez les anciens habitants, les taux relevés sont encore supérieurs chez ceux qui avaient l'habitude de consommer des produits locaux. « L'étude n'est pas terminée, il nous reste à établir le lien entre ces résultats et la présence de l'ancien incinérateur », explique Delphine Barbotin, chargée de mission à l'Urmel.

Cette ancienne usine avait été stoppée en 1998 sous la pression des riverains. Aujourd'hui, ils veulent déterminer son impact réel sur leur santé. « Il nous faut une étude épidémiologique et établir une cartographie des cancers, lance Hervé Dizy, conseiller municipal (UDF) de la commune voisine de Roncq. J'invite les malades à se signaler afin de pointer les coïncidences troublantes. » En 2001 déjà, le Comité de lutte assainissement, air et environnement (Claire) avait demandé au préfet une enquête sanitaire pour, notamment, établir un lien entre dioxine et cancers. Refusé... En 2005, un registre des cancers a été créé pour Lille et une centaine de communes avoisinantes. Mais il excluait le versant Nord de la métropole dont font partie Halluin et Roncq... « Cette étude de l'Urmel est un premier pas, relativise Dominique Willemyns, présidente du Claire. Il nous faut encore trouver des preuves scientifiques. » Avec, en ligne de mire, la possibilité de plaintes au pénal si des incidences sont relevées.

Caroline Béhague

Les riverains de l'ancien incinérateur ont reçu l'an passé une plaquette les incitant à ne pas consommer les produits locaux. Le même document avait été diffusé, dès 2003, sur la commune belge voisine de Menin.