Michel Poivre : «Des propos à la limite de l'outrageant»

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Michel Poivre, président de l'Association de défense et de promotion de l'inspection du travail (ADPIT).

Dans la région, les inspecteurs du travail sont-ils toujours bien accueillis ?

Pas vraiment. Un jour, lors d'un contrôle sur le chantier d'une maison dans le Pas-de-Calais, il a fallu expliquer plusieurs fois qu'on était compétent pour entrer dans une propriété privée dès lors qu'il y a des signes d'activité salariale. Cette méfiance est fréquente.

Les réactions vont-elles plus loin que la méfiance ?

Il y a parfois des propos à la limite de l'outrageant. Dans le Pas-de-Calais, un chef de chantier, disait – devant son client – qu'il avait les boules d'être « empêché de travailler à ce point-là ».

Le travail dissimulé représente-t-elle une part importante des infractions constatées ?

Oui, principalement les travailleurs non déclarés. Près de Béthune, je me souviens ainsi d'une équipe de cinq personnes : quatre n'étaient pas déclarées. Parmi elles, trois étaient même dépourvues de titre de travail.

Le Nord dispose d'un important tissu industriel. Y a-t-il beaucoup de problèmes avec les produits dangereux ?

Cela arrive. Par exemple, dans une entreprise de plasturgie de l'Audomarois, officiellement, aucun produit cancérigène n'était présent. Mais lors du contrôle, l'inspecteur en a trouvé deux qui étaient utilisés à titre expérimental. Notre difficulté est d'avoir une action constante et continue dans la vie de l'entreprise.

Recueilli par Ludovic Finez