Le textile nordiste veut reprendre des couleurs

ÉCONOMIE ecyclage, labellisation: les solutions d'avenir existent...

Olivier Aballain

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Le Centre européen des textiles innovants (CETI) permet de tester des prototypes en vue d'une industrialisation.
Le Centre européen des textiles innovants (CETI) permet de tester des prototypes en vue d'une industrialisation. — M. Libert / 20 Minutes

Le textile se remet au goût du jour. Et cela passe par la case recyclage. Témoin le succès du congrès qui s'ouvre ce mercredi pour deux jours, au CETI de Tourcoing: la «vallée du recyclage textile» répond à une forte attente régionale et nationale. «Nous avons à la fois une forte densité de population, qui facilite la collecte des textiles à recycler, et un réseau d'entreprises important», explique Thierry Lods, de l'Institut français du textile et de l'habillement. La région, qui emploie 12.000 salariés dans le secteur, ne s'en tient plus aux promesses. Exemple: le projet Calafil, qui regroupe sept partenaires, a fait émerger plusieurs utilisations des «chutes» de fil produites notamment par les spécialistes de la dentelle calaisienne. «Nous avons réalisé des prototypes au CETI pour concevoir des filtres industriels, et ça marche», rapporte Philippe Willefert. Le patron de Mortelecque, à Provin, pense pouvoir créer deux emplois pour exploiter cette nouvelle matière dans ses filtres. Le spécialiste des stores, Dickson (Wasquehal), est aussi sur les rangs. Un autre groupe nordiste, ID Group (Okaïdi, Jacadi…), est quant à lui engagé sur la collecte des tissus usagés, sur laquelle la France est «en retard» selon Jérôme Obry, son secrétaire général. La collecte est encouragée dans les magasins pour valoriser la réutilisation, en lien avec Le Relais. Et en aval, le groupe Happy Chic (Jules, Brice), a même lancé des vêtements fabriqués (en France) à partir de jeans recyclés. «Une fibre bio réduit l'impact environnemental de 60%, une fibre recyclée de 98%», rappelle Daniel Morino, qui recycle les chutes textiles chez Au-delà du fil.

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