La justice doit aussi s'adapter à la criminalité sur la Toile

— 

Un lycée arrageois a reçu récemment un vilain cadeau de Noël : une facture téléphonique de 9 000 €. Explication : des pirates étaient parvenus à se connecter sur le serveur. De plus en plus de collectivités et d'entreprises sont ainsi victimes de malveillance via Internet. Et parfois, elles hésitent encore à porter plainte, pour éviter une mauvaise réputation. « Il existe beaucoup d'infractions liées au numérique, ça va de l'intrusion dans les bases de données à l'escroquerie, souligne Blandine Poidevin, avocat à Lille et spécialiste de la gestion des incidents dans les entreprises. Beaucoup de contentieux traditionnels peuvent avoir aujourd'hui un volet Internet, notamment les divorces. »

Avec le contexte électoral, l'usurpation d'identité numérique connaît aussi un regain, selon l'avocate. « Nous avons récemment eu le cas d'un faux compte Facebook pour un candidat aux municipales », note-t-elle. Depuis 2011, la loi a du s'adapter en créant le délit d'usurpation d'identité, y compris sur le plan numérique. Heureusement que les machines à voter électroniques ne se sont pas généralisées... G. D.