Les équipementiers du Nord sur route glissante

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C'est plus grave que prévu. Delphi (Flers-en-Escrebieux), Plasty (Roubaix), Cadence Innovation (Noeux-les-Mines)... Les équipementiers automobiles de la région sont en crise. Pour certains l'explication est simple : quand les constructeurs boivent la tasse, les sous-traitants trinquent. Mais le malaise est plus profond.

«Les baisses de commandes sont des prétextes pour réduire les effectifs», estime Abderahmane Baouche, délégué CGT chez Cadence Innovation. L'entreprise de plasturgie (436 salariés) a été placée en liquidation judiciaire fin septembre. L'équipementier Faurecia a refusé de s'engager officiellement, mais, selon nos informations, une proposition prévoit la reprise de la moitié des salariés seulement. Chez Plasty, à Roubaix, une grève a débuté hier car 10 à 20 emplois sont menacés sur 97 : «Nous voulons savoir quel est le projet industriel derrière le plan social, mais personne ne veut en parler , explique Emmanuel Lafaye, délégué CGT. «L'activité baisse un peu, mais il reste encore 170 intérimaires, s'emporte Stéphane Nina, représentant CGT chez Vistéon (Gondecourt), où 19 des 1.100 salariés vont être remerciés. Les licenciements sont motivés par un gain de rentabilité.»

Georges Crapet, délégué régional de l'Association des industries automobiles (Aria), ne s'en cache pas. «Les mauvaises ventes des constructeurs n'expliquent pas à elles seules cette mauvaise passe. Les équipementiers cherchent des solutions pour rester compétitifs dans un marché mondialisé.»

L'Aria a mis en place des ateliers de réflexion dans ce sens. Et, selon Pierre de Saintignon, vice-président (PS) du conseil régional, la région devrait annoncer dans les prochains jours un programme d'aides, y compris économiques. «Les équipementiers sont essentiels pour arrimer les constructeurs automobiles à la région.»

O. Aballain

Dans la région, 190 équipementiers automobiles emploient 32 000 salariés, dont une partie manifesteront demain à Béthune.