L'Edhec fait son examen de conscience sur le bizutage

JUSTICE Une enquête est en cours après un accident lors d'une soirée...

Olivier Aballain

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L'Edhec a intégré son nouveau campus, à cheval sur Croix et Roubaix, à la rentrée 2010.
L'Edhec a intégré son nouveau campus, à cheval sur Croix et Roubaix, à la rentrée 2010. — M. Libert / Archives 20 Minutes

Le bizutage rattrape l'Edhec. On a appris, mercredi, que le parquet de Lille avait ouvert une information judiciaire sur la chute d'un étudiant, gravement lessé dans la nuit du 17 au 18 octobre après une soirée alcoolisée. Le jeune homme, en 1re année, participait à une «intégration» avec d'autres élèves aisant partie de l'association course-croisière Edhec (CCE). Une course pourtant parrainée par la ministre de l'Enseignement supérieur en personne, qui en loue les «valeurs partagées» et la « saine émulation » sur le site www.ccedhec.com.

«Un dérapage collectif inacceptable»

Cette nuit-là, le malheureux laissé seul par ses camarades, a chuté de 5 m se brisant trois vertèbres et une cheville. La soirée avait mal commencé puisque selon les témoignages, les «bizuts» s'étaient retrouvés avec des bouteilles d'alcool scotchées au poignet, forcés à boire agenouillés, pantalon baissé. «Il y a eu un dérapage collectif inacceptable», reconnaît Alexandre Sauvage, président de l'association CCE, bsent à cette soirée. Neuf élèves de 2e année étaient de la «fête». Dérapage  «Bizutage en règle, organisé, prémédité», rectifie e comité national contre le bizutage. Le ministère de l'Enseignement supérieur, qui pointe «l'alcoolisation excessive» des étudiants, estime toutefois que la direction de l'Edhec  a «rapidement réagi». Ainsi dès le 18 octobre, les présidents des 50 associations de l'école ont été priés de préparer un rapport sur le recrutement des élèves et leur motivation. Il n'est d'ailleurs «pas certain» que la course Edhec aura lieu en 2014.

■ « Supériorité »

Dans un mémoire de sociologie sur le bizutage daté de 2012, les membres de l'association CCE sont décrits comme des «sportifs […] impressionnants, qui assoient leur supériorité» en permanence.