Un jeu de masques contre les préjugés

Gilles Durand

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M.Libert/20 Minutes

Parler des Roms sous un autre angle. Sur l'aire d'accueil de Pérenchies, la vingtaine de familles Roms a résolu les problèmes d'hébergement et d'intégration. Depuis le mois de septembre, une quinzaine d'enfants participent à un atelier de théâtre mis en place par la compagnie lilloise Di mini teatro. Son metteur en scène, Boris Dimny, prépare un spectacle sous forme de commedia dell'arte, un style de théâtre masqué qui privilégie le regard et la mimique.

Se faire écouter


«C'est la première fois que nous travaillons avec des Roms, explique-t-il. L'idée nous est venue un jour de répétition au Jardin des plantes. Une fillette Rom est restée pour nous regarder pendant quatre heures. Peu d'enfants ou d'adultes auraient eu cette patience.»

Quelques heures par mois, Boris Dimny intervient à l'intérieur du camp. Les jeunes ont imaginé leurs marques et les répétitions doivent aboutir à des représentations en mai. « Ce sont eux qui proposent leur histoire à partir de leurs soucis du quotidien, précise Boris Dimny. Il est important de leur donner un moyen artistique de se faire écouter en brisant la barrière de la langue. Les Roms ont plutôt une tradition orale de contes.»

Cette action en faveur des Roms se place dans le cadre d'un festival baptisé Roms 3000, mis en place par le collectif Solidarité Roms. Parmi les projets, un séminaire, ouvert aux personnes qui cherchent à vivre un lien avec les Roms, commence, mercredi à 18 h, par une réunion à la MRES, à Lille. Sans aucun lien avec le festival, une nouvelle manifestation, à l'appel de quatre syndicats, est prévue, mardi, à Lille pour réclamer des solutions d'hébergement pour les Roms.