Le bout du tunnel pour les routiers ?

TRANSPORTS Une mobilisation internationale s’organise contre le dumping social des pays de l’Est...

Gilles Durand

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M.Libert/20 Minutes

La reconquête de l’Ouest? Le 23 novembre, les transporteurs routiers de France, de Belgique, des Pays-Bas, d’Allemagne et d’Italie vont faire cause commune. Lors de l’assemblée générale du syndicat Unotre, qui se tient au Touquet, sera créée la Confédération des transports et de la logistique en Europe (CTLE). L’enjeu est de taille pour la région qui compte encore environ 2 500 entreprises de transport.

Harmoniser les règles

Il s’agit, pour les chefs d’entreprises et les salariés réunis, de faire face à la concurrence des pays de l’Est. Une concurrence parfois illégale comme le montre un reportage de la chaîne de télévision M6, rediffusé lundi soir. On y explique comment un grand transporteur français, visé par une enquête de la justice, rapatrie discrètement des chauffeurs de Pologne pour les faire travailler en France. Payés entre 400 et 900€ par mois, ces conducteurs étrangers coûtent trois à quatre fois moins cher qu’un Français. «Ces méthodes dignes de l’esclavagisme font disparaître peu à peu les emplois. Une entreprise qui reste dans la légalité, ne peut plus s’en sortir», s’insurge Pascal Debruyne, président du syndicat de transports Unotre et lui-même dirigeant d’une entreprise en redressement judiciaire. Pour lui, la seule solution, c’est d’harmoniser les règles européennes. «Entre la France et la Belgique, par exemple, la législation est déjà différente. En Belgique, les heures supplémentaires n’existent pas», s’inquiète Pascal Debruyne.
En attendant, transporteurs, agriculteurs et filière agroalimentaire de la région vont aussi afficher leur colère contre l’écotaxe, jeudi, à Boulogne-sur-Mer. «La goutte d’eau qui fait déborder le vase», selon l’Unotre.