Accoucher chez soi est un luxe

SANTE Des parents réclament la possibilité de faire naître leur enfant en dehors d'une maternité...

Olivier Aballain

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M.Libert/20 Minutes

Ils militent pour le «fait-maison». Des parents et futurs parents nordistes s'apprêtent à interpeller de nouveau leurs députés pour obtenir la prise en charge des accouchements à la maison. Faute de sage-femmes agréées dans la région, les volontaires doivent se faire assister par des professionnels belges. Une première lettre a été envoyée en septembre: aucun élu nordiste n'y a donné suite.

Assurance hors de prix

«La grossesse n'est pas une maladie», rappelle Bérangère, qui attend son bébé pour février. Elle garde un souvenir mitigé de la naissance de sa première fille en maternité: «Être chez moi, c'est l'assurance que mon rythme sera respecté, qu'on ne m'imposera pas de procédures inutiles». Mais depuis le 1er octobre, la France, répondant à une directive européenne, impose une assurance hors de prix (22.000€ par an) aux sage-femmes à domicile. «Cela représente un an d'activité», critique Julie Leau, organisatrice d'un rassemblement samedi à Lille.

Et pourtant, l'acte médical lui-même est dix fois moins coûteux qu'en maternité (300€). Manque de sécurité? «J'ai eu un accouchement difficile, avec une hémorragie. Mais les professionnels qui m'assistaient ont fait ce qu'il fallait», témoigne Gladys, dont les trois enfants sont nés «à la maison». Doumia, faute de trouver un professionnel, a accouché «toute seule» à son domicile lillois: «J'avais un peu peur mais la nature est bien faite», commente Rémy, le papa. «A domicile, on est dans la continuité de la vie normale, c'est beaucoup moins perturbant pour la mère», confirme Jean-Claude, qui exerce comme sage-femme en Belgique. Deux fois par mois, il vient assister des naissances en France. «Et je n'ai jamais eu d'accident», dit-il.