L'Inde en clichés pour aller au-delà

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L'Inde, ses paillettes, ses éléphants, ses étoffes kitsch... Difficile d'échapper aux clichés parmi les affiches, photos ou vidéos proposées par Lille 3000. « La persistance des traditions est réelle là-bas, coupe Laura Serani, commissaire de l'exposition Indianscope, qui réunit 155 photos à la Maison de la photographie, à Fives. Certains pays en développement balaient le passé, pas l'Inde. » Alors, dans son exposition, on trouve de la couleur, des vaches et des dorures. Mais pas seulement. De Max Pam à Marc Riboud, vingt-huit auteurs – dont un seul Indien – racontent également l'Inde de la prostitution ou des prisons de femmes. « Le regard des occidentaux change, leur langage aussi, note Laura Serani. Au fil du temps, les photos sont plus intimistes... »

Les organisateurs de Lille 3000 revendiquent la diversité : « Au Tri postal, les artistes évoquent les bidonvilles, la condition des femmes, etc. » Le panel se veut complet. Et au cinéma, ça se voit aussi. « Les clichés ne sont pas faux, il faut les montrer. Ici, le dosage est assez fin », juge la réalisatrice indienne Paromita Vohra, de passage au Tri postal, hier, avant une projection de ses films au Fresnoy, à Tourcoing. La cinéaste est d'une génération alternative, celle de l'anti-Bollywood. Elle découvre la France. Ravie : « Lille 3000 permet une conversation entre deux peuples. Tous les pays sont compliqués à expliquer : le tout est de capter l'intérêt. »

Anthony Paris

L'imagerie indienne s'illustre dans les nombreuses expos photos, mais aussi à l'Hospice Comtesse de Lille. Indomania y retrace l'histoire de l'art populaire indien jusqu'au 11 janvier 2007.