Le biocarburant met le feu en campagne

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Produire ou conduire, il faut encore choisir. Certains agriculteurs nordistes espèrent bien profiter de la vogue du biocarburant, que l'on peut obtenir à partir de céréales ou de betterave. Pourtant, dans une région où l'urbanisation grignote chaque année les terrains agricoles, le débat sur leur utilisation fait rage. « La production de carburant est très gourmande en superficie, explique Mathieu Glorian, de la Confédération paysanne. Et je connais de jeunes nordistes qui ne peuvent s'installer faute de terres. » Mais le biocarburant constitue un débouché tentant pour exploiter les hausses de productivité. « C'est une valorisation en plus pour les producteurs de betterave par exemple », indique Christophe Polin, de la FDSEA du Pas-de-Calais.

Car il y a deux écoles. L'huile pure, produite directement à partir de colza, peut servir à petite échelle dans les exploitations. « Il y en a quelques dizaines qui produisent pour leur propre consommation », estime Christophe Polin. L'éthanol, lui, est fabriqué industriellement, à partir de blé ou de betterave. Un circuit plus onéreux qui entame, pour l'heure, la rentabilité pour les cultivateurs. « C'est surtout un débouché pour les industriels », estime d'ailleurs Mathieu Glorian. « C'est un défi. La rentabilité viendra ensuite », répond Christophe Polin.

Olivier Aballain

Produire un litre d'éthanol à partir du sucre de la betterave consomme un litre de pétrole. Un paradoxe qui en fait la bête noire des écologistes. Une usine de ce type a été lancée par Téréos dans l'Aisne, à Origny-Sainte-Benoite.