Le centre pour sans-papiers fait le plein

©2006 20 minutes

— 

 
  — no credit

Le nouveau centre de rétention administrative (CRA) de Lesquin affichera vite complet. Depuis son ouverture, le 15 novembre, les sans-papiers en rétention ont été transférés dans ce bâtiment. Il peut accueillir 96 personnes, contre 41 auparavant. Hier en fin d'après-midi, 48 places étaient occupées et une douzaine de personnes en provenance de la région parisienne doivent arriver aujourd'hui. « Dans deux semaines, il sera rempli à 90 % », prévoit Elodie Beharel, intervenante de la Cimade, association oecuménique d'entraide, au CRA de Lesquin. « L'ancien centre est fermé, mais il devrait être rénové et rouvrir pour faire face à un éventuel afflux de sans-papiers », explique Pascal Klinckemaillie, également de la Cimade. Pour l'heure, tous résident au nouveau centre, divisé en quatre zones : deux de 30 places pour les hommes, une de 30 lits pour les femmes et une de 16 places pour les familles. Une nouveauté que dénonce Roland Diagne, du Comité des sans-papiers 59 : « Ça me choque qu'il y ait une partie où l'on puisse accueillir officiellement des enfants. »

Au confort amélioré (lire ci-contre), l'infrastructure du nouveau CRA permet aux sans-papiers de se retrouver chaque matin dans un hall commun et de rencontrer les permanents de l'Agence nationale de l'accueil des étrangers et des migrations et ceux de la Cimade. « Avant, on ne les voyait que quand ils avaient quelque chose à nous demander, témoigne Pascal Klinckemaillie. Maintenant, ils peuvent nous voir tous les matins pour parler. » Seul inconvénient des nouveaux locaux : la Cimade ne peut pas accéder librement aux zones où dorment les sans-papiers.

Fanny Bertrand

Désormais, les sans-papiers n'ont plus de vis-à-vis direct avec les policiers. Ils ont un accès libre à la cour et chaque chambre dispose d'une douche. Chaque zone comporte une salle avec une télévision.