Un nouvel horizon pour Fives Cail

URBANISME L'ancien fleuron industriel, qui s'étend sur 17 hectares, doit être reconverti en quartier...

Gilles Durand
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1. Une des halles de l'usine ; 2. Un ancien disjoncteur ; 3. Détail des charpentes métalliques ; 
4. Le projet de halle passante (image de synthèse) ; 5. Les ponts roulants seront conservés.
1. Une des halles de l'usine ; 2. Un ancien disjoncteur ; 3. Détail des charpentes métalliques ; 4. Le projet de halle passante (image de synthèse) ; 5. Les ponts roulants seront conservés. — M.Libert/20 Minutes

C'est l'histoire d'une usine ancienne qui se transforme en quartier moderne. La métamorphose du site industriel Fives Cail a été présentée, mardi, par l'aménageur et l'architecte urbaniste chargés du projet. Les 17 hectares (Environ 34 terrains de football), recouverts de hangars accolés les uns aux autres, ont été redessinés pour faire place à une opération immobilière qui doit démarrer au printemps et durer jusqu'en 2023. Un projet de 100 millions d'euros, financé à 70% par des fonds publics. «Il s'agit d'un des plus grands projets métropolitains. L'ambition est d'aménager ce lieu sans nier sa mémoire symbolique», souligne Stanislas Dendiével, élu (PS) chargé de l'Urbanisme à la ville de Lille.

« Véritables cathédrales »

Fermé en 2001, Fives Cail était un fleuron de l'industrie française. En 1950, l'usine était le premier employeur de l'arrondissement lillois avec 6.000 salariés. «Le quartier a été très touché par la disparition de ses grandes usines. On doit prendre ça en compte dans les débats sur la reconquête urbaine», note Jean-Louis Frémaux, président (MRC) du conseil de quartier de Fives. L'usine, rachetée 8 millions en 2006 par la communauté urbaine de Lille, ne sera donc qu'en partie démolie pour construire 900 logements, une piscine ou encore un lycée hôtelier qui doit ouvrir en 2016.



Certaines halles, qui mesurent parfois 30 mètres de haut, seront conservées. «Ces véritables cathédrales représentent un espace incroyable, s'enthousiasme Djamel Klouche, architecte urbaniste chargé du projet. L'une va devenir un passage couvert avec des commerces pour retrouver une vieille tradition européenne. Les toitures d'autres halles vont servir à récupérer les eaux de pluie pour alimenter des espaces verts en réseau.» Car le projet comprend aussi la création d'un parc public de 5 hectares. Le mur qui entoure l'usine doit être abattu pour désenclaver le site. Une rue sera creusée pour rallier directement le métro Marberie. Reste le problème de la desserte de ce futur quartier au centre-ville de Lille, notamment en vélo. «On y réfléchit», affirme Stanislas Dendiével.