Et si le Panthéon accueillait une ouvrière du Nord ?

PATRIMOINE Un collectif veut l'entrée de Martha Desrumaux dans le monument...

Gilles Durand

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Peut-elle coiffer Olympe de Gouges au poteau du Panthéon? Au printemps, le président de la République, François Hollande, avait émis le vœu de féminiser ce monument parisien qui rend hommage aux grands hommes de l'Histoire de France. Alors que la consultation populaire a pris fin dimanche, un collectif nordiste continue de se mobiliser pour faire de Martha Desrumaux, la troisième femme à entrer au Panthéon, après Sophie Berthelot et Marie Curie.

Une révolutionnaire tient la corde

Née à Comines en 1897, cette Nordiste, embauchée comme ouvrière textile à 15 ans, se syndicalise de suite. «Elle mènera toutes les grèves du textile dans le Nord et passera sa vie à défendre les travailleurs», raconte Laurence Dubois, membre du collectif. Déportée en 1942 à Ravensbrück, Martha Desrumaux est élue au conseil municipal de Lille, puis députée en 1945. Elle meurt en 1982. «Il n'y a aucun ouvrier au Panthéon, il ne faut pas oublier que la France s'est construite aussi avec ce monde ouvrier», lance Laurence Dubois. Le dossier de candidature a été remis au président de la République début septembre.

Pourtant, si la prochaine entrée honorifique est celle d'une femme, c'est Olympe de Gouges, une révolutionnaire guillotinée en 1793 et pionnière du féminisme qui tient la corde. Les tenants d'une Nordiste au Panthéon pourront néanmoins se consoler : cette fille de bourgeois, après son mariage, s'appelait… madame Aubry.

■ Consultation

Du 2 au 22 septembre, 30.715 personnes ont participé à la consultation Internet visant à définir les valeurs que devaient porter les futurs «Panthéonisés», hommes ou femmes.