L'Etat revient aux petits soins des migrants

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Comment prendre un médicament lorsque l'on n'a même pas un verre d'eau ? Cette question, adressée à l'Etat par les associations d'aide aux migrants présents à Calais, a obtenu une réponse. Une permanence d'accès aux soins de santé (Pass) y ouvrira ses portes le 4 décembre. La structure proposera des consultations de médecine générale gratuites cinq après-midi par semaine, officiellement à toute personne exclue du système de santé.

Dans les faits, le projet a été monté par le centre hospitalier (CH) en partenariat avec les associations dans le but d'accueillir les réfugiés clandestins. Le CH espère ainsi alléger ses urgences, mais surtout limiter son déficit financier. « L'Etat s'est rendu compte que quand un réfugié se présentait aux urgences, l'établissement ne pouvait rien facturer », relève la direction de l'hôpital. Avec la Pass en revanche, une enveloppe spécifique lui sera allouée par les pouvoirs publics.

Pour le corps associatif, c'est une victoire stratégique. Monique Delannoy, infirmière coordinatrice de la mission Médecins du monde de Calais, souligne que « depuis la fermeture du centre d'accueil de Sangatte, c'est la première reconnaissance du problème par l'Etat ». Dès lors, cette permanence ne serait qu'un début de réponse. Il reste à y conduire les migrants en difficulté. Lesquels, rappelle Jean-Claude Lenoir, vice-président de l'association Salam, « restent toujours très méfiants en raison des chasses policières ».

Anthony Micallef

L'équipe du Pass de Calais comprendra un médecin, une infirmière, une assistante sociale et une interprète. L'objectif est de procurer aux patients une aide médicale mais aussi sociale et administrative.