Gens de voyage, l'Etat se désengage

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Une tuile pour les gens du voyage, mais aussi pour les communes. A partir de ce matin, l'Etat n'est plus obligé de financer les aménagements d'aires d'accueil. Jusqu'alors, il y participait, conjointement avec le conseil général, à hauteur de 50 %. « Il n'y aura pas de délai supplémentaire », assurait, samedi, Daniel Canepa, préfet du Nord, tout en inaugurant quatre nouvelles aires au sein de la métropole. Au passage, il a rappelé que les communes de plus de 5 000 habitants sont obligées de construire des terrains depuis 1990. Et que, dans la métropole, seules dix sur quarante-cinq ont rempli ce devoir...

« Certaines ont des projets bien ficelés mais bloqués à cause du foncier ou de procédures judiciaires », regrette Yves Smets, vice-président (MPC) chargé de la question à la communauté urbaine de Lille (LMCU). L'élu cite Quesnoy-sur-Deule, Linselles... Pour ces municipalités, il demande de la souplesse. Et pour les mauvais élèves, il souhaite voir appliquée la loi Besson 2 (2000) : le préfet peut les obliger à aménager une aire sur leurs fonds propres. Flexible d'un côté, ferme de l'autre.

Daniel Canepa, déjà alerté par Pierre Mauroy, n'exclut rien et rencontrera le ministre de l'Equipement cette semaine. « Il serait dommage de briser l'élan, continue Yves Smets, dont le terrain de Comines porte le nom. Au total, on a déjà construit sept aires, soit 318 places bondées. Et des chantiers sont programmés à Wattrelos, ou encore à Lomme. » A Ronchin, Jeanne a posé sa caravane rue des Cheminots, sur l'une de ces aires. Elle a l'eau courante et les pieds au sec. « Tout ce qu'il nous faut », résume-t-elle. De nombreuses autres familles, elles, patientent.

Anthony Paris

L'aire d'accueil de Villeneuve-d'Ascq devrait être prête début 2007. Le dépôt de bilan d'une entreprise a retardé les travaux. La commune sera alors la onzième entité à appliquer la loi Besson dans la métropole.