La plate-forme de Lomme sous-employée

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Inaugurée il y a quatre ans, la plate-forme multimodale de Lomme-Sequedin est dans l'impasse. Aujourd'hui, soixante-quinze caravanes sont installées sur son équipement de transport combiné, qui permet de faire passer les marchandises du rail à la route. Un délabrement dénoncé par le député-maire (PS) de Lomme, Yves Durand, et par les cheminots, dont le mot d'ordre de grève aborde « le renforcement du fret ferroviaire ».

Yves Durand est d'autant plus « en colère » qu'il y voit une alternative à l'A 24 : « Plutôt que de développer le trafic routier, pourquoi n'utilise-t-on pas cet équipement ferroviaire flambant neuf ? » Pour le service fret de la SNCF, la réponse est simple : « Nous ne pouvons pas y faire passer les marchandises, car il n'y a pas d'opérateur. » Sauf que la CNC, l'opérateur du transport combiné qui a jeté l'éponge en 2004, était à l'époque une filiale à 93,8 % de la SNCF.

« Il n'y a pas de volonté politique, résume Jean-Marie Czapraga, délégué CGT-Cheminots. La SNCF préfère tout regrouper sur la grosse plate-forme de Dourges. » Ce qui a un coût, selon Didier Delmotte, directeur du Marché d'intérêt national de Lille : « Il y a deux ans, deux trains de fruits et légumes [l'équivalent d'une centaine de camions] transitaient tous les jours par Lomme et arrivaient à 6 h du matin. Aujourd'hui, ils viennent de Dourges par l'A 1 et arrivent à midi. » Car la demande existe : les 35 hectares d'entrepôts de la plate-forme ont trouvé preneur « en deux ans », précise Yves Durand. Mais selon Réseau ferré de France, propriétaire de l'équipement, « aucun nouvel opérateur de transport combiné n'a répondu à l'appel d'offres lancé pour remplacer la CNC ».

O. Aballain

Financé notamment à l'époque par la communauté urbaine de Lille, la mairie de Lomme et la SNCF, l'aménagement de la plate-forme multimodale de Lomme a coûté plus de quatorze millions d'euros.