Gilbert Glasman : «Les rencontres visent tous les publics»

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Gilbert Glasman, cofondateur et délégué général de Citéphilo.

Vous attendiez-vous à un tel succès dans la durée ?

Au démarrage nous avons été totalement surpris. Dès la première année nous avons rencontré notre public, et certains philosophes, comme Pierre Bourdieu, étaient enthousiastes.

Comment cela ?

Citéphilo donne à un public de non-spécialistes l'occasion d'assister à des rencontres avec des spécialistes. Ce ne sont ni des colloques d'universitaires, ni du « café-philo » où l'on discute entre amateurs.

Est-ce possible de mettre les concepts philosophiques à la portée de tous ?

Certains philosophes, universitaires, sont incapables de présenter leurs idées en langage compréhensible. Ceux-là sont sur la liste rouge [rires]. Mais maintenant, la plupart des intervenants savent traduire leur message pour le grand public.

Y a-t-il quand même un public spécifique à Citéphilo ?

Non, nous visons tous les publics. Cette année il y a des rencontres plus restreintes, par exemple sur Parménide, un philosophe grec présocratique. Et d'autres qui brasseront un plus large public, comme celles sur le manuel d'histoire franco-allemand, ou la critique de l'islam.

Quelle fréquentation visez-vous cette année ?

Depuis 2 à 3 ans, nous avons atteint un seuil de 15 000 auditeurs. Faute de salle, nous ne pouvons pas aller au-delà.

Après dix ans, comment éviter la routine ?

Ce n'est pas toujours facile, et notre comité scientifique tire parfois la sonnette d'alarme. Mais nos partenariats avec des associations comme Culture commune, les Amis du monde diplomatique, le Gay kitsch camp ou les Frères dominicains, nourrissent notre programmation.

Recueilli par O.A.

Citéphilo, 66 rencontres en Nord-Pas-de-Calais, du 4 au 24 novembre. www.citephilo.org