Comme les vases communicants...

EMPLOI IBM crée un centre à Euratechnologies alors qu'un plan social est redouté à Marcq-en-Barœul...

Gilles Durand

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Lille, le 24 juin 2013. Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, était en déplacement sur le site d'Euratechnologies en compagnie de Martine Aubry pour annoncer l'implantation du géant américain de l'informatique IBM, représenté par Alain Benichou, président d'IBM France.
Lille, le 24 juin 2013. Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, était en déplacement sur le site d'Euratechnologies en compagnie de Martine Aubry pour annoncer l'implantation du géant américain de l'informatique IBM, représenté par Alain Benichou, président d'IBM France. — M.LIBERT/20 MINUTES

Lille qui rit, Marcq-en-Barœul qui pleure. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg et la maire de Lille, Martine Aubry, ont annoncé, lundi, l'installation d'IBM à Lille. Le géant de l'informatique va créer un centre de services à Euratechnologies et prévoit de recruter 200 personnes d'ici à la fin de l'année. «Si l'activité générée le permet, nous pourrons aller jusqu'à embaucher 700 personnes dans les trois ans», précise Alain Benichou, président d'IBM France, pour qui «le dynamisme et le bouillonnement de Lille», ont été un atout primordial pour s'y installer.

« Adaptation nécessaire »

Or cette annonce intervient dans un contexte social et de restructuration douloureux chez IBM. L'entreprise a annoncé, le mois dernier, un plan social qui prévoit de supprimer 689 postes dans toute la France avant la fin de l'année. A Marcq-en-Barœul, les 145 salariés de l'agence IBM sont inquiets pour leur avenir. «On ne sait pas combien de personnes vont être concernées chez nous. ça dépend des départs volontaires», s'interroge la CGT qui voit dans cette stratégie un moyen de rajeunir le personnel. «Il faut repartir dans une nouvelle direction avec un nouvel ordre de marche. Le nouveau centre à Lille, serait pilote et s'adresse aux très grands comptes qui veulent des interlocuteurs français», avoue le président d'IBM. «L'adaptation est nécessaire pour soutenir la compétitivité mondiale», renchérit Arnaud Montebourg qui promet qu'IBM n'a bénéficié d'aucune aide publique directe pour s'installer à Lille. D'après Les Echos, IBM a vu son chiffre d'affaires et ses bénéfices baisser au premier trimestre.