Quand les jeunes savent prendre de l'âge

SOLIDARITÉ es volontaires d'Unis-Cité rompent l'isolement des aînés...

Olivier Aballain

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Bailleul, le 24 juin 2013. De jeunes volontaires d'Unicité sont venus tous les lundi pendant 9 mois tenir compagnie aux pensionnaires de l'Etablissement Hospitalier pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD). Ici Christopher et Marie-Thérèse.
Bailleul, le 24 juin 2013. De jeunes volontaires d'Unicité sont venus tous les lundi pendant 9 mois tenir compagnie aux pensionnaires de l'Etablissement Hospitalier pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD). Ici Christopher et Marie-Thérèse. — M.LIBERT/20 MINUTES

«Tu vas me manquer, tu sais!» Après huit mois de papotages, pas facile pour Marie-Thérèse de voir partir Christopher. Le jeune homme fait partie des huit volontaires d'Unis-Cité recrutés pour égayer les heures parfois longues à la Roseraie, à la Houblonnière et aux Dentellières. Matin discussion, après-midi activités: tous les lundis, les trois établissements pour personnes âgées dépendantes de Bailleul recevaient leur visite.

Des passeurs de mémoire

Un «journal» reprend les histoires des uns et des autres, les recettes de crêpe à la bière et trucs de grand-mère pour se blanchir les ongles. C'est ça, le projet «Passeurs de mémoire» porté par Unis-Cité. Ici, Jérémy a pris plaisir à écouter les histoires du temps passé, «plus appliquées que celles qu'on enseigne au lycée». Estelle, qui veut être orthophoniste, a appris la patience, le temps d'écouter ceux qui bafouillent et entendent mal. Quant à Christopher, fan du LOSC, il s'est mis au dessin de chatons par amitié pour Marie-Thérèse. «Le plus intéressant pour les résidents de ces structures collectives, ce sont les discussions en particulier, commente Marie-Dominique Mahieu, cadre de santé à l'hôpital de Bailleul. C'est étonnant de voir l'ouverture des aînés, venus d'une zone rurale, envers ces jeunes citadins.» «L'un des meilleurs moments, c'est quand on leur apporte les journaux de la ville. Ils aiment discuter de ce qui s'y passe», remarque d'ailleurs Estelle. «Ces huit mois, c'est passé trop vite», soupire Marie-Thérèse.