L'éolienne à voiles, idée dans le vent

INNOVATION La ville de Grande-Synthe teste un équipement développé avec l'École des Mines...

Olivier Aballain

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M.LIBERT/20 MINUTES

Ces voiles-là sont amarrées à terre. Et elles servent à produire de l'électricité. La société VoileO a inauguré samedi à Grande-Synthe une éolienne à voiles à axe vertical. Une première mondiale dont le développement, en partenariat avec l'École des Mines de Douai, l'Ensait de Roubaix et l'université de Lille-1, a coûté 500.000 euros. Si l'on écoute ses promoteurs, le modèle n'a que des avantages. Juché sur un axe vertical, il capte toutes les directions du vent. Mais le plus fort tient dans ses douze voiles, qui offrent une surface totale de prise au vent de 200m2.

Impact réduit

A l'instar d'un navire en pleine mer, les voiles se creusent ou se tendent en fonction de la force du vent. Résultat: l'éolienne est plus efficace, donc plus rentable. La puissance de l'équipement monté a Grande-Synthe correspond à la consommation énergétique (hors chauffage) de 60 foyers, soit l'équivalent des 2350m2 de panneaux photovoltaïques déjà installés à Grande-Synthe. Pas mal pour une éolienne de seulement 17 mètres de haut, dont le faible encombrement est d'ailleurs un atout vis-à-vis des riverains. Mais ce n'est pas tout: les nuisances sonores sont également réduites, puisque les voiles textiles sont beaucoup plus silencieuses que les hélices classiques. Sébastien Damageux, quant à lui, travaille déjà à l'adaptation de son modèle en version «offshore» (pour les fermes éoliennes en mer).

En attendant, la ville de Grande-Synthe est ravie de son nouveau joujou. «L'électricité produite va alimenter le stadium de la ville, qui passe ainsi en énergie positive», explique Arnaud Lapotre, chargé de mission plan climat à Grande Synthe.