La vente des courées ne tourne pas rond

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Les maisons de courées lilloises s'arrachent. Soumises à un plan de réhabilitation par la mairie de Lille et la communauté urbaine, ces biens deviennent de plus en plus difficiles à acquérir pour les particuliers. Et pour cause : à chaque mise en vente, la mairie mène une étude et se réserve le droit de préempter « si le prix est attractif », admet Alain Cacheux, adjoint (PS) en charge de l'Habitat. En empêchant les investisseurs privés de s'emparer de ces maisons, la mairie entend ainsi développer son parc de logements sociaux. Seul problème, les candidats à l'achat sont rarement au courant du risque de voir le logement leur échapper. « J'avais signé un compromis pour une maison de courée à Lille-Sud, explique l'un de ces candidats. J'ai appris bien plus tard que la ville voulait la préempter. Comme j'avais lâché ma location, je me suis retrouvé à la rue... »

Un déficit d'information dont personne ne veut endosser la responsabilité. « Les agents immobiliers n'ont qu'à faire leur boulot. Ils doivent évoquer cette éventualité au moment de la signature », estime Alain Cacheux. « Il y a une clause à ce sujet dans chaque compromis. Mais les acheteurs n'y font pas attention. Pourtant, les préemptions sont de plus en plus courantes », se défend Philippe Dupont, responsable d'une agence immobilière à Fives. On dénombre près de 300 courées à Lille.

Vincent Vantighem

Le droit de préemption permet à une collectivité de se substituer à l'acquéreur lorsqu'un propriétaire déclare son intention de vendre un bien. Tous les types de logements peuvent être concernés.