Divergence de voies sur l'A 24

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Ce serait « le meilleur compromis » pour le tracé de la future liaison Amiens-Lille-Belgique (A 24). Les préfectures du Nord-Pas-de-Calais et de Picardie ont annoncé hier avoir transmis leurs recommandations au ministère des Transports, quatre mois après la fin de la phase de concertation.

C'est le tracé historique le plus proche de la RN 41 qui est privilégié dans les Weppes, avant d'être abandonné au profit du raccordement à la RN 58 belge au Pont du Badou (au lieu du passage par Bondues et l'A 22). A charge au ministre de confirmer ou non ces recommandations, avant le lancement de l'enquête publique.

En attendant, les propositions annoncées hier sont loin de faire l'unanimité. En témoigne le bilan transmis au ministère : « Le débat n'a pas abouti à un diagnostic partagé par l'ensemble des acteurs ». « C'est l'aboutissement d'une cascade d'inepties, dénonce Bernard Haesebroeck, conseiller général (PS) d'Armentières. En raccordant l'A 24 à la Belgique sur la RN 58, on met le dossier dans une superbe impasse puisque les Belges n'en veulent pas. » Yves Durand, député-maire (PS) de Lomme, est sur la même ligne en dénonçant une « autoroute cul-de-sac », se scandalisant au passage de n'avoir pas été consulté par le préfet. « Dès lundi, je demanderai une entrevue au ministère. »

Des arguments contrés par Marc-Philippe Daubresse, député-maire (UMP) de Lambersart : « Par le pont du Badou, le tracé boucle le contournement de la métropole et servira d'abord aux déplacements à l'intérieur de l'agglomération ». Sur la même ligne, Christian Decocq, député (UMP) de Lille, apprécie qu'entre l'A 25 et le pont du Badou les recommandations portent sur une « liaison routière rapide » et non sur des normes autoroutières : « Une voie routière légère évitera le développement du trafic poids lourds. »

Olivier Aballain

Dans un sondage publié par la Sofres en mars dernier, 72 % des habitants de la métropole se déclaraient favorables à un contournement autoroutier.