Le feu couve toujours dans les quartiers

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« Les braises sont chaudes. Il ne manque que les brindilles. » Jean-Pierre Balduyck, le maire (PS) de Tourcoing, a une image toute faite pour évoquer la situation régionale, un an après les violences urbaines.

Comme les élus, les éducateurs sont inquiets quand ils évoquent l' « anniversaire ». Responsable du secteur jeunesse au centre social des Hauts-Champs de Hem, Ahmed Elyaghmouri témoigne : « La tension est latente. Les jeunes réalisent que rien n'a changé. Alors notre discours d'apaisement passe mal. »

Dernier exemple : vendredi dernier à Lille-Sud, six collégiens ont été interpellés alors qu'ils tentaient d'incendier une voiture. « Les gamins s'interrogent sur la nécessité d'aller à l'école quand ils voient la situation bouchée de leurs grands frères », poursuit l'éducateur. Pourtant, quand on les interroge, les jeunes de Lille-Sud affirment, eux, que « c'est tranquille » tout en prévenant fièrement que ce sera bientôt « la tempête si les flics [les] cherchent. »

Le secrétaire régional de l'Unsa police, Philippe Ricq, confirme que les relations sont parfois tendues. « Nous souffrons d'un manque d'effectifs chronique. On part en intervention la peur au ventre. Alors qu'on aimerait tirer un trait sur tout ça. » Tout le monde ne peut pas en dire autant. A Douai, une instruction est toujours en cours concernant l'implication de treize jeunes dans un incendie de voiture commis... en novembre dernier.

Vincent Vantighem

Les chiffres : 1 587 incendies de voitures, motos ou deux-roues ont été recensés dans le Nord de janvier à septembre cette année (dont 591 à Lille-Roubaix Tourcoing), contre 1540 pour la même période en 2005. 6 quartiers de Lille, sur dix, sont classés en politique de la ville : Bois-Blancs, Faubourg-de-Béthune, Lille-Sud, Wazemmes, Moulins et Fives. 400 millions d'euros de financement sont prévus à Lille pour le renouvellemment urbain, dont 250 pour le seul quartier de Lille-Sud.