Les soldats de plomb réclament justice

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Entre 50 000 et 100 000 euros par enfant. Ce sont les sommes que compte réclamer, aujourd'hui, l'avocat de la famille Mrozek, dont les trois enfants sont atteints de saturnisme.

Il s'agit de la première affaire de la sorte sur laquelle la commission d'indemnisation des victimes d'infractions du tribunal de Béthune doit se prononcer. Elle concerne donc le montant d'une indemnité réclamée par des victimes de saturnisme dans le secteur de l'ancienne usine Metaleurop de Noyelles-Godault. Les cheminées de l'usine, liquidée en 2003, crachaient du plomb. En début de mois, une expertise a révélé que les trois enfants de 6, 8 et 10 ans ont des séquelles irréversibles avec une incapacité permanente partielle.

« Cette indemnisation est symbolique. Je veux que la contamination de mes enfants soit officiellement reconnue », explique Sandrine Mrozek, la mère des enfants. Dans le secteur de l'ancienne usine, trois villes sont particulièrement touchées : Noyelles-Godault, Courcelles-les-Lens et Evin-Malmaison. Mais seules quatre familles ont engagé des procédures. « Les parents ne veulent pas attirer l'attention, explique Alain Bernière, du Comité de défense évinois, qui a dénoncé le désastre sanitaire. C'est un coin où il y a déjà beaucoup de problèmes sociaux. Les gens ne veulent pas en rajouter. » « Si la famille Mrozek obtient gain de cause, ça pourrait en inciter d'autres à agir », estime François Lafforgue, avocat de la famille. Dans ce secteur, 260 enfants seraient atteints de saturnisme.

Fanny Bertrand

Aujourd'hui, le tribunal de Béthune doit aussi se prononcer sur la demande d'une deuxième famille. Elle souhaite que des expertises soient ordonnées pour leur enfant de 5 ans atteint de saturnisme.