Bombardier qui rit, Alstom qui pleure

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Grandes manoeuvres dans le Valenciennois. Le conseil d'administration de la SNCF devrait attribuer aujourd'hui le « marché du siècle » pour le renouvellement des rames RER au groupe Bombardier (installé à Crespin), préféré à Alstom (installé à Petite-Forêt) et Siemens. Mais l'impact sur l'emploi de cette commande record (2,1 milliards d'euros dans sa première tranche de 172 rames, et encore autant dans un deuxième temps) reste incertain. Chez Alstom, qui emploie 1 060 salariés à Petite-Forêt, l'inquiétude est de mise. « Une baisse importante des heures travaillées est déjà prévue pour 2007. Sans ce contrat, nous craignons au moins 200 suppressions de postes en 2007 », raconte Jean-Philippe Lecluse, secrétaire de la CGT. Solution évoquée par Dominique Perben, le ministre (UMP) des Transports : que Bombardier sous-traite une partie du contrat à Alstom, au nom d'une « collaboration ferroviaire intra-Valenciennoise » également évoquée par Fabien Thiémé, vice-président (PC) du Conseil Général et élu du secteur.« Le problème c'est que la puissance publique n'a pas le pouvoir d'imposer cette sous-traitance », tempère Pierre de Saintignon, vice-président (PS) du Conseil régional. D'autant que la sous-traitance pourrait se faire ailleurs qu'en France, afin de réduire les coûts de production : « Bombardier a déjà délocalisé une partie de nos contrats existants en République tchèque, relate Antonio Garcia, délégué CGT dans l'usine de Crespin. Le nouveau contrat ne fera que compenser... » Contactée, la direction a refusé de s'exprimer sur ce point. « C'est au client [la SNCF] de décider. »

Olivier Aballain

Alstom et Bombardier ont déjà collaboré pour construire des TGV (contrat Alstom) et des autorails grande capacité du TER commandés par le Conseil régional (contrat Bombardier)