De sévères réquisitions contre Soinne

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C'est du Bernard Soinne tout craché : « Si, d'un coup de baguette magique, on aurait pu me donner une autre vie, c'est pas la mienne que j'aurais choisie. » Le mandataire judiciaire lillois a laissé une drôle d'impression, hier soir, à l'issue de son procès. Il a « publié à lui seul plus que tous les enseignants de droit de Lille », a rappelé Jean-Louis Brochen, l'un des deux défenseurs du professeur. Mais cet « homme admiré et craint » a comparu quatre jours durant au tribunal correctionnel de Lille pour corruption dans le cadre d'un scandale immobilier. Tout au long des débats, c'est aussi le portrait d'un homme « manipulateur » et « âpre au gain » qui a été brossé.

Bernard Soinne a-t-il utilisé le « pouvoir de nuisance » lié à sa qualité de liquidateur pour racheter à une banque une créance sur un immeuble ? Philippe Mathot, second avocat du professeur Soinne, a farouchement combattu cette théorie. Selon lui, Bernard Soinne n'a pas manifesté « de mauvais vouloir ». Les procédures de liquidation, dont il avait la charge, n'ont pas été retardées pour « faire diminuer le prix » de la créance. Ce n'est pas l'avis du procureur Laurent Couderc. Il a réclamé 18 mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende à l'encontre du mandataire, une condamnation assortie d'une interdiction d'exercer son activité professionnelle de 10 ans. L'action contre la banque soupçonnée d'avoir corrompu le juriste, est en revanche abandonnée. Délibéré le 20 novembre.

Frédéric Lépinay

affaires Relaxes requises pour un avocat et un agent des impôts jugés cette semaine. Amendes de 4 000 e demandées à l'encontre de l'huissière de justice et de l'inspecteur des impôts.