Six familles face aux expulsions

EXIL Elles risquent de devoir quitter les centres d’accueil de demandeurs d’asile de Lille et Wattignies...

Emmanuelle Geuns

— 

Florence est ses six enfants sont arrivés de la République Démocratique du Congo en 2010.
Florence est ses six enfants sont arrivés de la République Démocratique du Congo en 2010. — M.LIBERT/20 MINUTES

A la rue avec leurs enfants. Sans aucun revenu, ni droit. C’est ce qui attend six familles étrangères avec quatorze enfants, mises à la porte des centres d’accueil de demandeur d’asile (CADA) de Lille et de Wattignies, le 16 mai. Toutes ont été déboutées de leur demande d’asile et, selon les textes en vigueur, elles doivent quitter leur hébergement.

« Les enfants ont peur »

Pour aller où? Les services d’hébergement d’urgence sont saturés. La question mobilise le Réseau Education Sans Frontière, inquiet du devenir des familles et des enfants. «Elles n’auront aucune possibilité d’assurer leur survie, alors que certaines d’entre elles n’ont pas encore reçu de réponse à leur demande de régularisation», tempête Jacques Caude, militant du réseau. Il dénonce la fin de la tolérance qui permettait aux familles de rester au CADA le temps de trouver un nouvel hébergement (voir encadré). Florence, 38 ans, originaire de République Démocratique du Congo, a six enfants. «C’est très difficile, confie-t- elle. Les enfants ont peur, ils se demandent où ils vont dormir.» Elle a quitté son pays, menacée, après la disparition de son mari. Impossible, dès lors, d’envisager un retour sur sa terre natale. En janvier, Florence a demandé un réexamen de son dossier en préfecture. On lui avait assuré une ré- ponse sous deux mois. Et depuis, rien. Elle a pourtant une promesse d’embauche, parle français, s’investit à l’école de ses enfants. Ses trois aînés ont même été élus au conseil municipal des jeunes de Wattignies. Une intégration qui a incité le maire de la ville à écrire au préfet en sa faveur et les parents d’élèves à la soutenir.

 

• Des réfugiés sous "Pression"

Un CADA est un lieu d’hébergement qui accueille les demandeurs d’asile le temps de l’étude de leur dossier. Quand ils sont déboutés de leur demande, ils ont un mois pour quitter les lieux. « Le CADA a toujours attendu que ces familles aient une solution d’hébergement pour leur demander de partir. Maintenant, il ne peut plus à cause de la circulaire du ministre de l’Intérieur qui met la pression », dénonce Jacques Caude, de RESF.