Ils s'envolent vers Cannes

CINEMA Des comédiens handicapés jouent dans un film de Yolande Moreau...

Gilles Durand

— 

François Daujon, un des comédiens de l'Oiseau Mouche (à droite).
François Daujon, un des comédiens de l'Oiseau Mouche (à droite). — Arnaud Lobry

Ils ne savent pas encore s'ils seront conviés aux cérémonies. Les comédiens de l'Oiseau Mouche, compagnie de théâtre de Roubaix, sont, en revanche, certains d'être présents au festival de Cannes via le grand écran. Car le dernier film de Yolande Moreau, Henri, auquel vingt-et-un comédiens de la compagnie ont participé, a été sélectionné, la semaine dernière, dans la catégorie Quinzaine des réalisateurs du festival. Une nouvelle que tous ces acteurs handicapés ont apprise avec plaisir. «On aimerait y aller tous, mais, pour l'instant, on ne sait pas si nous sommes invités», souligne le comédien Frédéric Foulon.

«Ambiance féerique»

Pourtant, ce ne serait que justice car le film évoque, en toile de fond, la vie quotidienne d'un établissement et service d'aide par le travail (ESAT), structure qui chapeaute, par ailleurs, la compagnie de l'Oiseau Mouche. «J'avais du mal à faire la distinction entre réalité et fiction, avoue la comédienne Florence Decourcelle. J'ai déjà travaillé dans un établissement comme celui du film.» Valérie Vincent serait encore plus fière d'aller à Cannes, elle qui a failli décrocher le rôle principal. «Au début, Yolande Moreau est venue à Roubaix pour me rencontrer. Sa visite l'a fait changer d'avis. Elle est tombée amoureuse de tous les comédiens de la compagnie et a finalement changé son scénario pour intégrer tout le monde dans son film», raconte-t-elle. «C'était la première fois qu'on jouait ensemble et dans un long-métrage de cinéma, note Frédéric Foulon. C'était un peu différent du théâtre, il fallait être naturel.»

En deux semaines de tournage, la troupe a découvert une réalisatrice «à l'écoute», note Florence Decourcelle. «Il y avait une ambiance féerique. Yolande est très gentille et très humaine», avoue-t-elle avant d'ajouter: «La morale de cette histoire, c'est que tout le monde a le droit de vivre sa vie.»

 

■ Après « Quand la mer monte »

Yolande Moreau aime le Nord. Elle y avait déjà tourné son premier film, Quand la mer monte, qui avait obtenu le César 2005. Elle y revient pour son deuxième long-métrage, Henri, tourné en partie autour de Lens. Le centre régional de ressource audio visuel a participé à hauteur de 175.000€ à la production de ce film. Yolande Moreau avait commencé sa carrière en jouant au Prato, une salle de spectacle lilloise.