De l'eau dans le gaz sur un chantier

ECONOMIE Une centaine de sociétés sont lésées dans la construction du gazoduc du terminal méthanier...

Marig Doucy

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Environ 500 ouvriers travaillent sur le chantier du gazoduc au plus fort de l'activité. Parmi eux, 120 sont issus du marché de l'emploi local.
Environ 500 ouvriers travaillent sur le chantier du gazoduc au plus fort de l'activité. Parmi eux, 120 sont issus du marché de l'emploi local. — M. Libert / 20 Minutes

La construction d’un gazoduc de 191km n’est pas un long fleuve tranquille. Entamée en mars 2012, la canalisation doit relier d’ici à 2015 le futur terminal méthanier de Dunkerque à Cuvilly, dans l’Oise, pour un coût de 500 millions d’euros. Or, un grain de sable s’est glissé dans les rouages de l’infrastructure qui doit alimenter en gaz le Nord et l’Est du pays: les créances impayées par la société italienne Bonatti. Une centaine de sous-traitants, dont la pérennité est mise en péril, seraient concernés pour un total de plus de 2 millions d’euros.

Contactée, Bonatti n’a pas donné suite. Cette entreprise avait décroché l’appel d’offres lancé par GRTGaz, gestionnaire et propriétaire des réseaux de transport de gaz dans la quasi-totalité de l’Hexagone. Charge donc à Bonatti de construire une portion de 50 km du gazoduc, entre Pitgam (près de Bergues) et Nedon (près de Bruay).

Dédommagement programmé

La société a alors fait appel à des sous-traitants. Et c’est là que le bât blesse: les prestations de bon nombre d’entre eux ne sont plus réglées depuis plusieurs mois. «Bonatti doit à notre entreprise 120.000€, déplore Frédéric Gyselinck, salarié d’ATOS, installée à Saint-Omer et spécialisée dans le gardiennage. Nous avons quitté le chantier début avril.» Même constat amer chez Sofranel, située à Wambrechies. «Nous louions à Bonatti des bungalows que nous avons dû récupérer, indique Béatrice Bayens, comptable de la société. Chez nous, les impayés s’élèvent à 83000€.»

GRTGaz dit ignorer le montant des préjudices, mais s’est engagé à dédommager les entreprises lésées. Un avenant au contrat de Bonatti a été signé la semaine dernière, permettant l’instauration d’une délégation de paiement. C’est donc GRTGaz, filiale à 75% de GDF Suez, qui doit s’acquitter des impayés. En revanche, les sous-traitants et fournisseurs ayant engagé des procédures ne sont toutefois pas touchés par cette convention. Dans ce cas, GRTGaz laisse la justice suivre son cours. Ces péripéties financières ne devraient pas perturber l’avancée du chantier. Néanmoins, GRTGaz et Bonatti ont prévu de se réunir cette semaine pour poursuivre les discussions.