Malaise profond chez les «matons»

FAITS DIVERS La spectaculaire évasion de Sequedin pose question sur la situation des prisons...

Gilles Durand

— 

La porte blindée d'entrée de la maison d'arrêt a volé en éclat sous l'effet des explosifs utilisés par le fuyard.
La porte blindée d'entrée de la maison d'arrêt a volé en éclat sous l'effet des explosifs utilisés par le fuyard. — M.Libert/20 Minutes

La colère était encore grande, dimanche, parmi le personnel pénitentiaire. La spectaculaire évasion, la veille, de Redoine Faïd, un prisonnier «particulièrement signalé», selon les syndicats, a mis en évidence les problèmes que soulèvent depuis des mois les gardiens de prison. La CGT Pénitentiaire dénonçait, dès samedi, «un manque de moyens et de systèmes adaptés de fouilles». Le détenu avait pu se procurer une arme et des explosifs pour faire sauter quatre portes dont la porte d'entrée blindée avant de prendre la fuite. Selon une source syndicale, il a profité d'un rendez-vous au parloir avec son frère pour opérer. «Juste avant le parloir, il a sorti une arme du sac de linge qu'il devait remettre à sa famille et il a mis en joue une surveillante», raconte le gardien de Sequedin.

Demande de fouille générale

«L'agent en poste à l'étage est censé fouiller une à deux cellules pendant son service dans des conditions normales, explique Etienne Dobremetz, du syndicat UFAP. Or, avec la surpopulation carcérale de Sequedin [de l'ordre de 170%], il y a des tensions et des bagarres en permanence. Les surveillants sont débordés et se limitent à ouvrir et fermer des portes.» L'UFAP conteste aussi la loi qui, depuis 2009, a supprimé la fouille au corps systématique après un contact avec l'extérieur. « Nous ne sommes pas équipés pour détecter des explosifs », note Nicolas Caron, de FO Pénitentiaire. A ces difficultés s'ajoutent les parachutages de colis au-dessus des murs. « On retrouve régulièrement des armes et de la drogue dans les cellules », s'agace Nicolas Caron. En septembre, le délégué UFAP de Sequedin avait envoyé un courrier auprès de la direction régionale pour réclamer une fouille générale. « On craignait ce qui s'est passé samedi.» Le courrier est resté sans réponse.

 

■ Mobilisation syndicale

le syndicat FO pénitentiaire se dit «consterné» par l'absence de mesures de la garde ses Sceaux Christiane Taubira, en visite, samedi soir, à la maison d'arrêt de Sequedin. « Nous sommes prêts à nous mobiliser rapidement pour faire bouger les choses », souligne FO Pénitentiaire.