Pour éviter la voie de garage

TRANSPORTS Grimonprez prépare l'avenir...

Gilles Durand

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Le transporteur nordiste Grimonprez possède une flotte de 400 camions.
Le transporteur nordiste Grimonprez possède une flotte de 400 camions. — M.LIBERT/20 MINUTES

Le transporteur Grimonprez roule sur des œufs. Mercredi, une branche de son concurrent douaisien Bils-Deroo était placée en liquidation judiciaire. Fin février, une opération escargot était organisée à Lille par des chauffeurs routiers mécontents d'une concurrence des pays de l'Est qu'ils jugent déloyale. Pourtant, la société nordiste, installée depuis l'an dernier à Neuville-en-Ferrain, se montre sereine face à l'avenir.

La politique du dernier kilomètre

Avec ses 420 véhicules, elle reste leader régional, mais a dû recentrer son activité de transport sur un rayon de 500 km. «On développe les derniers kilomètres qui sont les plus rentables pour nous», explique Walter Blondelle, directeur commercial chez Grimonprez. «Il y a six ou sept ans, l'international représentait environ 40% de notre activité, aujourd'hui, face à la concurrence de l'est, on ne pèse plus rien.» Le transporteur s'est donc spécialisé dans la livraison des petits points de vente des distributeurs ou de l'e-commerce. La politique du dernier kilomètre que veut développer la chambre de commerce et d'industrie (CCI) adossée aux Ports de Lille est même considérée comme une aubaine pour le groupe. «On bâtit l'avenir sur ce modèle de distribution», souligne Walter Blondelle qui n'a peur, ni de la future écotaxe, ni d'un éventuel développement du ferroutage. «Il est évident que le transport routier arrive à saturation. Quand le réseau ferroviaire sera vraiment opérationnel, nous serons prêts, glisse-t-il. Cette écotaxe va accélérer le mouvement, il faut s'en féliciter.» Autre atout que développe Grimonprez : l'optimisation des flux en temps réel. «Environ un tiers des camions roulent à vide. Grâce à l'informatique embarquée, nous arrivons à 98 % de remplissage.»