Martine Aubry descend en ville

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Retour au local. Après la fièvre qui a accompagné le dépôt des candidatures socialistes à la présidentielle, la maire (PS) de Lille a voulu marquer, lors de sa rentrée politique hier, sa priorité pour l'action municipale. « La politique se joue autant ici qu'ailleurs. Je me passionne pour ce que je fais à Lille et, bientôt j'espère, à la communauté urbaine. » Une façon d'évoquer sans ambiguïté ses prochains objectifs : un nouveau mandat municipal et la succession de Pierre Mauroy à la tête de la LMCU.

Interrogée sur l'éventualité d'un portefeuille ministériel après les échéances législatives de 2007, Martine Aubry n'y va pas par quatre chemins : « Cela ne m'intéresse pas. Je ne cours pas après les ors de la République, au contraire. » Pour autant, l'ancienne ministre de l'Emploi n'en oublie pas ses priorités de toujours. Ainsi, lorsqu'elle évoque l'intérêt de la ville pour les 17 hectares détenus par Réseau ferré de France (RFF) à Saint-Sauveur : « Nous voulons y implanter un quartier qui fasse le lien entre Moulins et le centre-ville. Il faut continuer à favoriser la mixité sociale. » Reste à s'entendre sur le prix des terrains avec RFF, qui se cantonne pour l'heure au « prix du marché » (qui peut atteindre 600 e du mètre carré à Lille). Objectif en 2010 : ajouter 10 000 logements (dont 3 500 sociaux) aux 100 000 que comptait Lille en 2001. La politique municipale se veut « participative », à travers l'engagement des citoyens dans le projet éducatif global, l'installation des premiers conseils de crèche le 12 octobre, la solidarité intergénérationnelle... Une démocratie de proximité dont Martine Aubry ne fait toutefois pas un programme de gouvernement : « Il ne faut pas confondre concertation et décision. Si nous avions demandé leur avis aux riverains, le parc Jean-Baptiste-Lebas ne se serait pas fait. » Fidèle à sa ligne de conduite.

Olivier Aballain

Opposante notoire à la candidature de Ségolène Royal, Martine Aubry a déclaré hier qu'elle se rangerait derrière elle en cas de désignation par le Parti socialiste.