Du parquet à la faculté

BASKET A 29 ans, Clémence Beikes, médaillée d'argent aux JO, rebondit...

Joseph Delouvrié

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Après avoir rangé son short et ses baskets, Clémence Beikes se lance un nouveau défi : devenir kinésithérapeute.
Après avoir rangé son short et ses baskets, Clémence Beikes se lance un nouveau défi : devenir kinésithérapeute. — M.LIBERT/20minutes

Son équipe vient de rendre les armes (lire encadré). Et elle, clouée au sol à cause d'une rotule abîmée, n'a rien pu faire. Il faut dire que depuis deux saisons, Clémence Beikes est presque à l'arrêt. «J'utilisais tous les artifices pour diminuer la douleur. C'était la galère», lâche-t-elle. A peine une éclaircie - sacré rayon de soleil tout de même - les JO 2012 à Londres et la médaille d'argent qui va bien. «Certainement un des plus beaux moments de ma carrière. C'est un miracle qu'on m'ait appelée et gardée», savoure l'ex-Braqueuse. Comme un baroud d'honneur pour celle qui espérait jouer les championnats d'Europe 2013 à Orchies, presque à domicile. L'usure de son genou droit et la douleur ont finalement pris le pas sur ses rêves. Quelques entraînements, à peine, en début de saison, pour essayer. «C'est un peu bête, lâche l'Amandinoise, je me suis dit qu'avec douze jours de repos, j'allais repartir.» Illusion. A 29 ans, la jeune femme, «accidentée du travail», a dû se résoudre à tirer un trait sur une carrière pro de dix années. Et forcément, les regrets ont surgi. «Le fait de ne pas être partie à l'étranger, ou celui de ne pas avoir passé un cap mental en équipe de France. Je n'ai jamais cru pouvoir devenir une joueuse majeure et suis restée une bonne joueuse de complément. ça n'aurait peut-être pas marché, mais le regret, c'est de ne jamais avoir essayé », lâche la joueuse aux 117 sélections.

Elle va découvrir «la vie normale»

Aujourd'hui, la jeune femme a décidé de rebondir. Histoire de ne pas rester sans rien faire. «Je n'ai jamais aimé passer mon temps à regarder des DVD. Là, je vais faire autre chose que deux entraînements par jour, explique l'ailière. Je ne sais pas encore ce qu'est une vie normale, mais ça doit être plus dure que la vie de basketteuse.» Clémence Beikes prépare donc son entrée à l'école de kinésithérapie à la faculté de Valenciennes. Un choix réfléchi. «J'ai toujours pensé à ma reconversion. J'ai vu trop de filles qui s'accrochaient à un statut, finalement mises de côté, confie-t-elle. Kiné, j'y pensais depuis longtemps et la période de la blessure m'a confortée.» Son dossier de sportive de très haut niveau déposé, elle pourrait débuter l'an prochain la première de ses trois années d'étude. De quoi oublier le sport de haut niveau. Ou peut-être mieux y revenir, avec un nouveau statut. «Sortie des Jeux, je m'étais dit plus jamais, se souvient-elle. Mais là, l'envie de faire partie d'un groupe revient peu à peu…»

 

- SAINT-AMAND COULE.

Trois ans après son retour dans l'élite à l'été 2010, et un, à peine, après avoir goûté à la coupe d'Europe avec brio (quart-de-finale de l'Eurocoupe), le Saint-Amand Hainaut basket est relégué en deuxième division. « On a l'impression que le club repart de zéro, c'est vraiment dommage, peste Clémence Beikes, qui n'a pas joué une minute cette saison. Il faut vraiment qu'il y ait un nouveau projet de club pour redémarrer. » D'ici là, il restera à Saint-Amand trois matchs à disputer en championnat. La fin de saison amandinoise risque d'être longue.