Des caravanes mal venues à la prison

LOOS-LEZ-LILLE Deux campements de gens du voyage et de Roms préoccupent l'administration...

Gilles Durand

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Une vingtaine de caravanes sont installées devant l'ancienne prison de Loos.
Une vingtaine de caravanes sont installées devant l'ancienne prison de Loos. — M. Libert / 20 Minutes

Double peine pour l'ancien centre pénitentiaire de Loos-lez-Lille. La semaine dernière, le syndicat FO lançait l'alerte concernant l'avenir de ce site. «Le projet de reconstruction d'un centre de détention est au point mort, alors qu'il permettrait de réduire la surpopulation carcérale, notamment à Sequedin*», souligne Frédéric Bogaert, délégué FO. En février 2011, l'agence publique pour l'immobilier de la justice confirmait la réalisation de ce projet et la conservation, à l'intérieur des murs, de l'ancienne abbaye du XVIIIe siècle.

Installation sauvage

Depuis, la nouvelle ministre de la Justice a gelé le projet. Le mois dernier, un nouveau projet était même annoncé: l'installation d'un camp de Roms viabilisé sur le parking de la prison, financé par la communauté urbaine de Lille. Or quelques jours plus tard, c'est une vingtaine de caravanes des gens du voyage qui ont pris possession des lieux. «Nous sommes inquiets de voir l'administration rester muette sur ce dossier», avoue FO, qui confirme que des cambriolages ont lieu régulièrement à l'intérieur de l'ancienne enceinte pénitentiaire. Contactées, la direction interrégionale des services pénitentiaires et la préfecture n'ont pas donné suite.

 

- Un camp de Roms en instance d'expulsion à Lille

Le camp de Roms de la plaine Winston Churchill est en sursis. La ville de Lille a confirmé, lundi, avoir demandé auprès du tribunal administratif une autorisation d'expulsion de ce terrain qui lui appartient. Cette demande doit être examinée le 3 avril, selon le collectif Solidarité Roms; qui a dénoncé la démarche. « Tout laissait pourtant à penser qu'il y avait du côté de la collectivité locale une volonté de stabiliser ce terrain et d'assurer un suivi de ces familles en vue d'une intégration », souligne-t-il dans un communiqué. « Cette demande ne vaut pas évacuation immédiate, plaide la mairie. Nous allons attendre qu'une solution de relogement ait été trouvée par les services de l'Etat. » Une partie du camp, où vivent environ 120 personnes, avait brûlé en janvier. G.D.