Le travail dissimulé en ligne de mire

CONTROLE L'inspection du travail va particulièrement cibler les chantiers du bâtiment en 2013...

Gilles Durand

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Ici, à Wasquehal, le chef de chantier de Decourcelle fait visiter les lieux au contrôleur.
Ici, à Wasquehal, le chef de chantier de Decourcelle fait visiter les lieux au contrôleur. — M.Libert/20 Minutes

 

Les chantiers du bâtiment sous haute surveillance. L'an dernier, la direction régionale du Travail (Direccte) a enregistré 400 décisions d'arrêt de chantier, essentiellement pour des risques de chute. Cette année, elle a prévu d'intensifier et cibler les contrôles. « Nous allons reprogrammer des actions coup-de-poing », a-t-elle annoncé cette semaine. Et le travail dissimulé pourrait bien devenir une priorité avec la récente création d'un plan régional de lutte contre le travail illégal. «C'est la fédération du bâtiment, elle-même, qui nous a demandé d'augmenter les contrôles», avoue la Directte.

Les menaces restent rares

Mais ce genre d'interventions nécessite des moyens particuliers, comme l'explique Géry, contrôleur au sein de la section de Roubaix. «Il existe, à Lille, une équipe spécialisée dans le travail dissimulé. En général, ils opèrent à plusieurs avec l'aide de la police et des douanes», explique-t-il. Lui se limite souvent à l'aspect santé et sécurité au travail. «ça se passe bien, le plus souvent, raconte-t-il. Il arrive rarement qu'on se fasse menacer. Les chantiers les plus difficiles sont les plus petits, où la réglementation est souvent méconnue». Cela n'a pas été le cas mercredi. Aucun des chantiers visités n'a donné lieu un PV. «Juste des observations qu'il faut rapidement transmettre, précise Géry. Ensuite, on y retourne pour voir si nos remarques sont suivies d'effets». A Wasquehal, l'entreprise de construction Decourcelle a même surpris les deux salariés de l'inspection du travail, en n'employant aucun intérimaire. «C'est rare », note Géry. Seul grief : l'absence de table de découpage pour les coffrages en bois. «Manque de place», plaide le chef de chantier, Jean-Manuel Diogo. Il faudra en trouver. Inspection terminée. «Je trouve tout à fait normal qu'ils vérifient», avoue-t-il.

 

■ Droit du travail

En 2012, la direction régionale du Travail a reçu 2  000 personnes et répondu à 51 000 demandes téléphoniques sur le droit du travail.