Emmanuel Braconnier : «Descendre de notre tour d'ivoire»

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Emmanuel Braconnier, directeur de l'Aéronef.

Vous avez connu de grosses difficultés financières ces dernières années. A l'aube de cette nouvelle saison, quelle est votre situation ?

L'Aéronef va mieux. A la fin de l'année, plus des deux tiers des déficits cumulés depuis 2003 seront comblés. L'objectif est d'atteindre l'équilibre à la fin 2007. Cette logique de redressement s'appuie aujourd'hui sur une volonté commune des institutions (mairie de Lille, région, département, Etat) de participer au financement. Et c'est une grande première.

Qu'est ce qui a changé dans la vision des politiques ?

Il y avait, au départ, un déficit de confiance. On n'avait jamais démontré que cette salle pouvait fonctionner, tant sur le plan artistique que financier. C'est chose faite. On a retrouvé une crédibilité.

Sur quel projet vous êtes-vous mis d'accord ?

Il faut remettre l'Aéronef au coeur des envies des publics. Les spectateurs mais aussi les artistes et les partenaires. On doit descendre de notre tour d'ivoire. Proposer plus de résidences aux artistes, faire venir les écoles, organiser des conférences...

Craignez-vous que la fréquentation baisse ?

Quand tu fais 90 concerts par an et qu'il y a 100 personnes dans la salle, tu ne rends service à personne. L'an dernier, nous avons eu 27 dates de moins qu'en 2003. Pourtant, on a de nouveau accueilli 60 000 personnes dans l'année.

Comment avez-vous fait ?

En prenant en comptant l'évolution de l'offre et de la demande culturelle à Lille depuis 2004. On propose moins de spectacles mais on choisit des dates plus porteuses pour faire adhérer le public. Tout en restant ouvert à tous les styles : le rap, le reggae, la chanson, l'électro... L'Aéronef est une machine puissante. Mais si tu restes le nez dans la bécane, t'es mort !

Recueilli par Vincent Vantighem