Matthieu dossevi, le naufragé de l'A1

FOOTBALL Le joueur du VAFC a mis plus de seize heures pour faire Paris-Valenciennes en voiture...

Joseph Delouvrié

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Après plus de seize heures bloqué dans sa voiture sur l'autoroute A1, Mathieu Dossevi garde quand même le sourire.
Après plus de seize heures bloqué dans sa voiture sur l'autoroute A1, Mathieu Dossevi garde quand même le sourire. — THOMAS DOSSEVI

Son équipe tourne au ralenti, et lui est même carrément à l'arrêt. Bloqué dans sa voiture depuis lundi soir sur l'autoroute Paris-Lille, Matthieu Dossevi n'avait mardi après-midi pas encore perdu son sens de l'humour. «J'ai tout mon temps pour vous répondre», glisse-t-il. Pourtant, il aurait de quoi s'énerver. Repartis avec son grand frère Thomas de Paris vers 23 h après une journée de shopping, les frères Dossevi n'ont pour l'instant vu de Valenciennes que des panneaux kilométriques. Leur véhicule est scotché au milieu des bouchons. «On s'est fait surprendre par la neige vers 1 h du matin, raconte le milieu offensif du VAFC. Et finalement, on est au même point depuis, totalement bloqués.»

En attendant, les frères Dossevi tuent le temps. «Entre la musique et les conversations, on s'occupe. Et puis on essaie de dormir un peu.» Il faut aussi penser à ne pas prendre froid: «On alterne entre mettre la climatisation et couper le contact pour garder de l'essence, explique Matthieu. Là, on arrive à se tenir chaud, mais au bout d'un moment, on va devoir privilégier l'essence.» Dans la voiture, il semble y avoir deux écoles. Thomas, l'aîné, qui peste un peu: «Tout le monde savait qu'il y aurait des grosses chutes de neige et on n'a pas vu une saleuse ou un chasse-neige.» Et Matthieu, lui, qui reste cool: «Il n' y a pas de souci. Le seul problème, c'est qu'on ne sait rien. A la radio ou la Sanef, on n'a pas d'infos. J'ai eu le président du VAFC au téléphone, mais de toute façon, il n'y a rien à faire.» A part attendre, dormir et manger… Mais là encore, la situation devient problématique. «Louper un jour d'entraînement, ce n'est pas trop grave, mais pour la nutrition, ne rien manger pendant une journée, voire plus, en plus de la fatigue, ce n'est vraiment pas terrible du tout.»

Les Dossevi ont bien cherché, il n'y a pas de station aux alentours pour se ravitailler. «Il nous reste juste une bouteille d'eau», lâche le petit frère. Younousse Sankharé, coincé un peu plus loin sur la route, pourra peut-être le dépanner en échange du chargeur de portable qu'il est venu chercher. Comme quoi même dans les bouchons, à VA, on la joue collectif.