Des marins coincés entre deux ports

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Victimes collatérales de la décentralisation. Une quarantaine de salariés des services de dragage des ports de la région ont envahi hier les locaux du conseil régional. Motif : leur activité (retirer la vase qui envahit les ports) est remise en cause par le transfert aux collectivités territoriales, le 1er janvier 2007, de la gestion des ports de Calais et Boulogne où elle s'exerçait.

Car le groupement d'intérêt économique qui gère le dragage a déjà anticipé ce transfert. L'activité du René-Gibert, le bateau de ces salariés, s'arrêtera le 31 octobre : impossible de savoir qui sera chargé du dragage, car la nouvelle entité responsable des ports de Calais et Boulogne n'est pas encore constituée. « Nous ne savons pas ce que nous allons devenir, s'inquiète Richard Torond, délégué CFDT. Mais le conseil régional sait qu'il sera majoritaire sur Calais et Boulogne. Il devrait nous dire ce qu'il a prévu pour le dragage. »

Sauf que le conseil régional lui-même n'est pas encore officiellement en charge des deux ports. « L'Etat devait trancher avant le 30 juin. Il n'a encore rien décidé ! », explique-t-on à la région. De surcroît, précise-t-on au port de Calais, un appel d'offres sera nécessaire pour l'activité de dragage. « Avec le risque que l'activité soit confiée à une entreprise étrangère », dénonce la CFDT.

En attendant, le Port autonome de Dunkerque, armateur du René-Gibert, a dû proposer aux trente-huit marins un plan social, sans licenciement sec. « La décentralisation a provoqué un retrait d'activité dans plusieurs ports », explique le directeur des ressources humaines. Les négociations sur le plan social doivent continuer jusqu'au 4 octobre.

Olivier Aballain

Ports d'intérêt national gérés par l'Etat, Calais et Boulogne peuvent être soit transférés à 100 % au conseil régional, soit à un syndicat mixte formé de la région et d'autres collectivités, dont les villes.