Danic, l'itinéraire d'un joueur blessé

françois launay

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M.LIBERT/20MINUTES

Le 12 décembre 2012 restera un jour particulier dans la carrière de Gaël Danic. Dans un match cauchemar pour un VAFC laminé à domicile par le PSG (0-4), l'attaquant nordiste s'effondre à l'heure de jeu. Touché involontairement par Christophe Jallet, le joueur se fracture le péroné. La première blessure de la carrière du Breton. Deux mois et demi après, Danic a retrouvé le terrain samedi à Marseille. De sa sortie sur civière à son retour au Vélodrome, il raconte sa vie de blessé.

Le choc. «Je veux récupérer un ballon et Jallet me tire dans le tibia. C'est une action anecdotique. Sur le coup, j'ai eu la sensation qu'on me tapait dessus avec un marteau. Mais, arrivé au vestiaire, on m'a fait des examens. Les médecins n'étaient pas sûrs que ce soit cassé. Donc on espère toujours. En, arrivant à l'hôpital, ma première réaction a été de savoir si je pouvais jouer contre Rennes le week-end suivant. Et là, on m'a dit que c'était fracturé. »

La solitude. «C'est la première fois que je suis éloigné des terrains aussi longtemps. On se sent à l'écart du groupe et on s'ennuie. Même si j'étais au centre d'entraînement avec eux, quand tout le monde partait sur le terrain, je me retrouvais tout seul à les regarder jouer. Se sentir impuissant comme ça, c'est le plus difficile. On n'a qu'une hâte : revenir. Le foot, c'est ma passion. Et cette blessure m'a fait aussi prendre conscience que j'avais encore faim. Il y a quand même du positif. Même si on voit tout en noir lors des deux-trois première semaines.»

Un regard extérieur. «Quand on est blessé, on est plus au centre d'entraînement que chez soi. Et on voit son équipe différemment. De l'extérieur, j'ai trouvé qu'on avait vraiment un groupe soudé. J'ai vu des joueurs s'encourager et faire les efforts pour les autres. A aucun moment, je n'ai entendu un joueur se plaindre de quoi que ce soit.»

La rééducation. «Avec une fracture, il n'y a pas forcément de soins à faire, il faut juste attendre. Je n'ai pas été plâtré et je n'avais pas grand chose à faire. J'avais juste un programme de musculation pour entretenir le cardio. Mais le premier mois, je devais juste attendre que ça se consolide. En fait, les soins commencent seulement maintenant. »

Le retour «ça a été difficile au début et après, je me sentais de mieux en mieux. En tout cas, il n'y a pas eu d'appréhension. Il reste juste retrouver ses automatismes et sa vision du jeu. »