La réponse à «Clostridium» s'organise

©2006 20 minutes

— 

Ne pas perdre de temps. C'est le message martelé hier par la Fédération hospitalière de France (FHF), alors que deux nouvelles victimes ont porté à dix-sept la liste des décès attribués à l'infection nosocomiale à la bactérie Clostridium difficile en Nord-Pas-de-Calais. Car la bactérie, dont la souche 027 est plus virulente que la souche classique, est aussi plus dangereuse : 2 400 décès lui ont été attribués en Angleterre depuis son apparition en 2003, en provenance du Canada. Deux pays où la souche 027 a même supplanté les autres, devenant endémique. C'est aussi le cas en Belgique. « Il n'y a aucune raison que l'infection se limite au Nord-Pas-de-Calais », a rappelé le professeur Gilles Beaucaire, du CHRU de Lille.

Seize établissements de la région ont déjà répertorié la souche 027, dont onze ont connu une contamination entre malades. « C'est pour cela que les mesures d'isolement sont essentielles », précise Marie-Christine Paul, déléguée régionale de la FHF. « L'hôpital doit sacrifier une partie de ses capacités », explique ainsi Lucien Vicenzutti, directeur du CH de Lens, qui a dû fermer jusqu'à soixante lits. Mais « aucun établissement n'hésite un seul instant », assure Marie-Christine Paul. D'autant que les centres hospitaliers voisins peuvent prendre en charge quelques malades. « Contrôler la diffusion de la bactérie Clostridium entre les établissements est impossible car le tissu de soin est très dense dans la région, estime Gilles Beaucaire. Mais le centralisme du système français nous aide à agir ensemble. »

O. A.

Parfois responsable de diarrhées après un traitement antibiotique, le Clostridium difficile se détruit à l'eau de Javel. Mais le laboratoire lillois Anios vend un désinfectant alternatif, testé sur les souches de la région.