Un Train d'enfer pour les travaux

texte : gilles durand photos : Mickaël Libert

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Le déboulonnage des rails nécessite l'intervention de techniciens.
Le déboulonnage des rails nécessite l'intervention de techniciens. — M.Libert / 20 Minutes

Gare de Seclin. Minuit. Malgré la température glaciale, le train de travaux avance dans un bruit d'enfer vers Lille. Depuis près de trois semaines, Réseau ferré de France (RFF) se livre à des travaux nocturnes de renouvellement des voies entre Phalempin et Lille. Coût du chantier : 19 millions d'euros. Sans compter l'amortissement de cette usine roulante de 750 m de long qui vaut « plusieurs millions d'euros », glisse la direction régionale de RFF.

La «garnisseuse» et la «boureuse»


Baptisée Suite rapide, ce convoi est composé de de trains répondant aux doux noms de « garnisseuse » ou « boureuse » et agit comme un rasoir à plusieurs lames. La première écarte les rails, la deuxième retire les vieilles traverses, la troisième installe les nouvelles et la quatrième soulève le tout, rails et traverses pour glisser le ballast et stabiliser la voie. «Avec le froid, les traverses en béton cassent parfois», souligne un technicien du service qualité. Le premier chantier, en janvier, entre Arras et Achiet (près de Bapaume) a connu moins d'inconvénients. «Il y avait beaucoup de traverses en bois qui sont plus faciles à enlever pour la machine », ajoute-t-il.

Entre vibrations et poussières, chaque nuit, un kilomètre de voie est ainsi remis à neuf. « Les trains peuvent de nouveau circuler, le matin même, sur les voies, mais à vitesse réduite, 60 km/h, le temps de faire les dernières vérifications», précise Mathieu Debuire, directeur d'opération. Cette portion de ligne est empruntée chaque jour par 10 trains de marchandises et 97 trains de voyageurs. Fin des travaux prévue le 2 mars.

Gilles Durand

■ Utilisation exceptionnelle

L'utilisation de la Suite rapide est exceptionnelle. « Il n'y en a que trois en France, précise RFF. Chaque région ne peut en disposer en général qu'une fois par an. » Ce convoi mobile permet de diviser par dix la période de travaux. En deux mois, il aura permis de remplacer 54 000 traverses en mobilisant 300 personnes sur le chantier.