Philippe Lemaire : «Une meilleure organisation»

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Philippe Lemaire, procureur de la République de Lille.

Les délais de traitement des procédures judiciaires se réduisent au tribunal de Lille. D'où cela provient-il ?

Une meilleure organisation nous a permis de réduire le nombre de procédures en cours. D'autant que la criminalité reste stable.

C'est-à-dire ?

Aujourd'hui, le délai moyen d'aboutissement des affaires les plus graves est de dix-huit mois. Lorsque je suis arrivé à Lille en 2002, il y avait une procédure ouverte depuis 1993 ! Au total, 1 900 affaires étaient confiées à onze juges. Aujourd'hui, il y en a 1 600, réparties sur quinze juges. Le travail du juge devient difficile s'il doit s'occuper de plus de cent dossiers.

Comment obtenez-vous cette décrue ?

En choisissant la procédure en fonction des faits. Mon objectif est de saisir le juge d'instruction seulement si c'est nécessaire. Pour des actes moins graves, nous avons plus souvent recours aux procédures de comparution immédiate.

C'est aussi le cas du « plaider-coupable » ?

Non, nous utilisons la composition pénale au lieu du plaider-coupable, qui induit une négociation avec le prévenu. La composition pénale lui propose une peine prédéfinie. S'il l'accepte, l'exécution est immédiate. Pour les affaires encore moins graves, les régularisations sont en forte progression : ce sont des accords à l'amiable entre la victime et le prévenu.

Cela libère-t-il du temps ?

Oui, forcément. Au parquet, je suis très fier du travail mené sur le dossier Alstom-Stein [la direction d'Alstom a été condamnée à Lille le 4 septembre pour mise en danger de la vie d'autrui après l'exposition de salariés à l'amiante N. D. L. R.]. C'est le travail de fonctionnaires qui servent l'intérêt général. J'aimerais aussi faire mieux dans la lutte contre les logements insalubres.

Recueilli par Olivier Aballain