Stora : reprise de volée de bois vert

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Le torchon brûle de nouveau entre les salariés et la direction de la papeterie Stora Enso de Corbehem. Hier, la direction du groupe finlandais a fait volte-face au sujet du plan de reprise d'une partie des machines de l'usine. Vendredi dernier, elle avait pourtant signé, sous les yeux du sous-préfet du Pas-de-Calais, un accord avec Les Géants de papier solidaires (LGPS), l'association des salariés. Leur projet de production de papier d'emballage à base de chanvre devait sauver 300 emplois sur les 700 condamnés. Interdits de reprise, ces derniers naviguaient, hier, entre colère et incompréhension. « Ils se foutent de notre gueule, clamait Marcel, 23 ans de boîte derrière lui. Mais on n'a pas dit notre dernier mot... » Des paroles, les salariés sont alors passés aux actes, bloquant tous les accès du site. Machines arrêtées, bobines de papier en feu : l'immense usine du sud de Douai avait ainsi des allures de champ de bataille. « Il faut les comprendre, confessait Raymond Pale, secrétaire de la section CGT. On se sent insulté par la direction. On veut des explications. » Et celles avancées pour l'instant ne les ont pas convaincus. « Ils pinaillent pour un million d'euros sur le prix des machines alors qu'ils investissent en ce moment même 435 millions d'euros au Brésil », tempêtait Bruno Poissinger, le président des Géants. En attendant une ultime réunion de la direction du groupe lundi à Dusseldorff (Allemagne), l'abattement a succédé à la colère. Devant « sa » machine désormais vouée au silence, Marcel témoignait, incrédule : « Ça fait huit mois qu'on travaille sur ce projet. On a maintenu les machines dans un état impeccable. Les gars étaient motivés comme jamais. Tout ça pour prendre un coup de poignard dans le dos... » Derrière lui, la charte de l'entreprise est restée affichée au mur. Elle assure fièrement « qu'aucune priorité économique ne peut s'exercer au détriment des personnes et des biens... »

Vincent Vantighem

La direction du groupe doit se réunir une dernière fois lundi, à Dusseldörf (Allemagne). Une réunion qui fait figure d'ulltime espoir pour les salariés.