Guillaume august, heureux déraciné

françois launay

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A 33 ans, Guillaume August a décidé de venir au LMR pour relever l'un des derniers grands défis de sa carrière.
A 33 ans, Guillaume August a décidé de venir au LMR pour relever l'un des derniers grands défis de sa carrière. — m.libert / 20 minutes

Le froid, la pluie et maintenant la neige. Depuis son arrivée dans le Nord, Guillaume August n'arrête pas de se faire chambrer par ses potes du Sud-Ouest. Il faut dire qu'après 33 ans passés entre Dax et Tyrosse, le deuxième ligne du LMR a décidé cet été de couper le cordon. «Pour les gars du Sud-Ouest, le Nord s'arrête à Bordeaux. Mais j'avais envie de découvrir une autre région. Par contre, ma femme m'a rappelé que Lille se trouvait dans le Nord », sourit un rugbyman, qui s'est adapté à son nouvel environnement plus vite que son épouse.

«En plus, je n'aime pas trop la chaleur. Et ici, il y a un vrai hiver», apprécie ce grand gaillard de 1, 92 m. Avec ses cheveux longs et sa barbe bien fournie, ce joueur aux faux airs de Chabal, s'est vite fait une place de choix dans la mêlée lilloise. Calme et tranquille dans la vie, il se transforme sur un terrain.

Dimanche au Stadium, il sera aux avant-postes pour défier Bourg-en-Bresse dans le match au sommet entre les deux premiers de Fédérale 1. L'occasion d'affirmer les ambitions d'un LMR qui rêve de Pro D2. «Je suis venu à Lille pour le projet sportif. J'ai déjà 33 ans et j'avais envie d'un dernier gros défi.», explique le Dacquois. Fils d'un ancien international et frère de Benoit et Olivier, tous deux professionnels, Guillaume August baigne dans la culture rugby depuis sa naissance. Même si petit, il préférait le ballon rond. «J'ai commencé par le foot, mais mon frère Benoit m'a vite rappelé à l'ordre.» Depuis, le trentenaire a tout connu. Les succès comme les galères. Après la Pro D2 et la montée en Top 14 avec Dax, August se pète le genou en 2008. En fin de contrat, le joueur est invité à quitter le club. Direction Tyrosse en Fédérale 1 où le joueur « se régale » tout en bossant à côté pour boucler les fins de mois. «J'ai travaillé comme conseiller commercial dans une banque.» Le vrai rugby des clochers qu'August a quitté cet été pour la grande ville et un contrat pro de deux ans. Autre culture, autres mœurs. «Il y a trois ans, on ne savait pas qu'il y avait une belle équipe de rugby dans le Nord. Mais j'ai été surpris par l'engouement populaire avec 3 000 spectateurs de moyenne au Stadium.» Un public de connaisseurs avec lequel il entonne l'hymne à Cô Pinard après chaque victoire du LMR. Une chanson qu'August connaît déjà par cœur. Un vrai certificat pour Ch'ti d'adoption. ■